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Devant l’église du monastère des moniales orthodoxes de Brownsbourg, je m’arrête un moment pour vénérer l’icône de Marie Consolatrice, la Paregoretissa, patronne et inspiratrice de la vie de cette communauté.
C’est jour d’action de grâce et je suis là pour me ressourcer et, fortifié par la foi séculaire de l’Église, demander à la Vierge la grâce de sa protection. Marie a toujours été présentée comme le modèle parfait du vrai chrétien et le chemin le plus sûr pour devenir disciple de Jésus.
La grandeur de Marie tient d’abord à sa maternité. Elle a formé Jésus en elle, a vécu en symbiose totale avec lui; au moment de l’accouchement, elle l’a donné au monde comme le Sauveur de l’humanité. Ces événements me laissent pressentir la route à suivre pour vivre de la vie de l’évangile dans le monde contemporain. La communion profonde avec Jésus procure la force de témoigner de lui dans notre vie et de l’annoncer comme Seigneur. Lui, et lui seul, est la réponse aux problèmes de notre siècle, la vérité qui ne trompe pas.
Dans le parcours de sa maternité, Marie est Consolata. Ce titre souligne admirablement l’expérience de sa relation avec Dieu, de sa sainteté personnelle et de sa joie d’avoir reçu Jésus, le vrai consolateur qu’Israël attendait. La beauté spirituelle de Marie est singulière : avec la simplicité du pauvre, elle accorde sa liberté au projet de Dieu pour accomplir l’œuvre de la rédemption. Avec l’ange Gabriel, le monde entier l’appellera Panaghia, la toute sainte, la pleine de grâce.
En acceptant librement de participer à l’œuvre de l’incarnation de Jésus pour la rédemption du genre humain, Marie devient aussi Consolatrice. Chez Élisabeth, à Bethlehem, au temple de Jérusalem, chez Siméon et Anne, aux noces de Cana et sur la colline du Calvaire, Marie manifeste sa dilection pour l’humanité, en offrant le fruit de ses entrailles : Jésus, vie de sa vie et fruit de sa contemplation. Elle actualise son amour de mère en donnant ce qu’elle a de plus cher.
La consolation de Marie, consolation reçue et donnée, est pour nous un ministère de douceur à exercer, un mode de vie à imiter : sois, toi aussi, signe de consolation dans le milieu où tu vis. Là où il y a la haine, suggère l’amour; sur les plaies ouvertes des gens que tu rencontres, verse le baume de ton amitié; pour ceux qui vivent dans l’angoisse et le désespoir, offre ta prière, ton Magnificat.
Il n’y a rien de sentimental à réaliser en nous la parole de l’ange à Joseph « N’aie pas crainte de prendre Marie chez toi » (Mt 1, 20). Quand Marie entre dans notre vie, c’est pour y amener Jésus et, avec lui, nous conduire vers cet autre, un frère, une sœur, qui a besoin d’amour. En suivant Marie, nous savons que notre sainteté se réalisera simplement, dans le seul fait de porter le Christ en nous, d’abord, puis de le présenter au monde, de manière que tout homme puisse le connaître et le suivre.
Reine de nos cœurs, Vierge Mère Marie, que ton regard nous console! Avec toi, nous serons des vrais consolateurs! |